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Cancer de la prostate et dysfonction érectile

La prostate.

La prostate est une glande présente uniquement chez l’homme, faisant partie du système 
reproducteur masculin. Située en avant du rectum, juste sous la vessie, elle a la taille et la 
forme d’une châtaigne, mesurant environ 3 à 4 cm de long et 3 à 5 cm de large. Chez l’homme 
jeune la prostate pèse environ 20 grammes. Elle entoure le canal de l’urètre qui conduit l’urine 
de la vessie vers l’extérieur. La prostate n’a aucun rôle urinaire, mais sa position peut entraîner 
des problèmes urinaires lorsqu’elle augmente de volume et qu’elle comprime l’urètre.

Le cancer de la prostate

Il est le cancer le plus fréquent chez l’homme de plus de cinquante ans. Il se développe très 
lentement et n’entraîne souvent aucun trouble décelable.

Les conséquences de la prostatectomie

Le traitement le plus fréquent du cancer de la prostate est la prostatectomie radicale. Cette 
intervention consiste en l’ablation de toute la prostate et des vésicules séminales. Les trois 
conséquences immédiates de cette intervention sont les fuites urinaires (traitées par 
rééducation), la disparition de l’éjaculation et la perte des érections (dysfonction érectile).

La disparition de l’éjaculation :

La prostate sert à fabriquer le liquide séminal qui permet de nourrir et véhiculer les 
spermatozoïdes. La prostate fabrique donc plus de 99% du volume du sperme. L’absence 
d’éjaculation n’a aucune influence sur la qualité de l’orgasme. Orgasme et éjaculation sont 
deux réflexes en général synchronisés mais il est possible d’éjaculer sans orgasme tout comme 
il est possible de jouir sans éjaculer. La qualité des orgasmes reste en général inchangée.

La cause des troubles de l’érection

Les nerfs érecteurs qui conduisent le message nerveux permettant d’obtenir une érection sont 
placés le long des faces latérales de la prostate et sont souvent endommagés par la chirurgie. 
Quand le volume de la tumeur est peu important ces nerfs sont préservés, on parle alors de 
prostatectomie radicale avec préservation des bandelettes neurovasculaires uni- ou bilatérale.
Quand le volume de la tumeur est trop important, les nerfs sont sectionnés on parle alors de 
prostatectomie radicale sans préservation des bandelettes.
Qu’il y ait ou non préservation des bandelettes l’intervention chirurgicale provoque une sorte 
de paralysie de l’érection (qu’il s’agisse d’érections réflexes durant le sommeil ou d’érections 
provoquées par une stimulation érotique). Cette paralysie est liée au fait qu’il subsiste pendant 
un certain temps après l’intervention une inflammation et une contusion des tissus nerveux et 
vasculaires proches de la prostate.

Les érections nocturnes ont un rôle important puisqu’elles favorisent l’oxygénation régulière 
des corps caverneux permettant à ceux-ci de garder leur souplesse et leur fonctionnalité. La 
suppression des érections après l’intervention chirurgicale entraîne un manque d’oxygénation 
des corps caverneux et plus ou moins rapidement le développement d’une fibrose (atrophie 
dure et rigide) empêchant le sang d’affluer dans les corps caverneux, empêchant donc 
l’obtention une érection normale.

Rééducation de la fonction érectile :

Au même titre qu’un patient qui vient d’être opéré d’une épaule va pratiquer une rééducation 
de celle-ci pour récupérer toute l’amplitude de ses mouvements, votre chirurgien et votre 
sexologue vont vous conseiller de bénéficier d’une rééducation de la fonction érectile.
Cette rééducation consistera à provoquer des érections (pénis gros et rigide) ou des 
tumescences (pénis gonflé mais non rigide) de façon régulière grâce à un médicament afin de 
maintenir une bonne oxygénation des tissus caverneux et donc de préserver leur capacité à 
pouvoir être en érection. Ce traitement consiste à pratiquer des injections intracaverneuses à la 
base du pénis. Ces injections sont quasi indolores car l’aiguille est très courte et ultra fine. 
Le produit est injecté dans les corps caverneux et va entraîner un relâchement des fibres 
musculaires des corps caverneux, permettant un afflux de sang artériel garantissant une bonne 
oxygénation et prévenant ainsi l’apparition d’une fibrose. Cette rééducation peut débuter entre 
un et trois mois après l’intervention.

Qu’il y ait ou non préservation des nerfs érecteurs lors de l’opération, cette rééducation est 
utile :

• Dans le cas de non préservation des bandelettes nerveuses : la commande de l’érection ne 
peut plus se faire de façon naturelle et vous aurez toujours besoin de l’aide du médicament 
pour obtenir une érection. Dans ce cas la rééducation permet de prévenir la fibrose durant la 
période de cicatrisation des tissus et quand vous aurez envie de reprendre une vie sexuelle, 
permettra au traitement par injection d’être efficace.

•  Dans le cas d’une préservation des bandelettes uni ou bilatérale : le délai pour que vos 
érections naturelles (vous permettant d’avoir une relation sexuelle) reviennent est plus ou 
moins long (jusqu’à deux ans). Pendant cette période, le fait de pratiquer une rééducation par 
injection intracaverneuse est important pour entretenir votre fonction érectile afin d’éviter 
que la fibrose vienne compromettre la récupération de vos érections naturelles et 
d’augmenter la rapidité de récupération de celles-ci.

En fin de rééducation (deux ans)

• Dans l’hypothèse la plus favorable vous aurez retrouvé vos érections naturelles et spontanées 
comme avant l’intervention.

• En cas de récupération partielle il vous sera proposé l’aide d’un traitement médicamenteux 
afin d’améliorer la qualité de l’érection.

• S’il n’y a aucune récupération il est proposé la poursuite des injections (à chaque relation 
sexuelle) ou la pose d’un implant pénien. Plus le sujet est jeune et motivé, plus la pose d’un 
implant pénien est justifiée.